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Marion Charlet & Carlos Cruz-Diez
04.09.2020 > 07.11.2020


Carlos Cruz-Diez

Artiste français d’origine vénézuélienne, né à Caracas en 1923, décedé en 2019 à Paris. C’est l’un des acteurs majeurs de l’art optique et cinétique, courant artistique qui revendique « la prise de conscience de l’instabilité du réel »1.. Ses recherches font de lui l’un des penseurs de la couleur du XXe siècle.
Le discours plastique de Carlos Cruz-Diez s’appuie sur le phénomène chromatique conçu comme une réalité autonome qui évolue dans l’espace et le temps, sans aide de la forme ni du support, en un présent continu.
Ses oeuvres sont présentes dans les collections permanentes de prestigieuses institutions telles que: la Tate Modern, Londres, le Museum of Fine Arts, Houston, le Wallraf-Richartz Museum, Cologne, le Museum of Modern Art (MoMA), New York, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et le Centre Pompidou, Paris.

Comme ses compagnons de route Jesus Rafael Soto et Julio Le Parc, fondateurs de l’art cinétique et optique, il conçoit l’oeuvre d’art cinétique et optique comme une oeuvre participative : le sujet regardant modifie par sa position et son mouvement dans l’espace, le sujet regardé. Ce mouvement est aussi du temps, introduction de la quatrième dimension dans l’art.
Il considère que cette oeuvre est la somme de l’objet et du sujet au coeur d’un lieu, d’un espace défini, dans toute la variabilité de ses expériences individuelles, raison pour laquelle il favorise, depuis le début de sa carrière, les installations dans des lieux publics, avec une visée assumée de démocratisation de l’objet d’art. L’art appartient à tous et tous en vivent l’expérience.
Ses recherches sur la couleur se fondent sur une attitude scientifique, car empirique, de l’expérience vécue, corporelle, sensorielle. L’oeuvre n’est plus, autonome et distanciée, une proposition unilatérale de l’artiste vers le public. Public et artistes se trouvent indéfectiblement associés dans sa phénoménologie, constituant en quelque sorte un couple assumé par lequel l’artiste prend un recul amusé et attentif, quasi scientifique, sur l’effet produit sur et par le spectateur.


Marion Charlet



Marion Charlet vu par Elora Weill-Engerer

Les mises en scène de Marion Charlet sont trop belles pour être vraies. Sous un filtre chloré, elles se déploient dans l’encadrement géométrique de verrières pailletées qui ouvrent sur des paysages luxuriants. Ces sortes de loggias à ciel ouvert ne comportent aucun recoin d’intimité où se dérober aux yeux du monde. D’influence cinématographique, elles sont souvent vues en contre-plongée comme à bord d’un grand oiseau en vol. Leur espace est architecturé par des dallages, des bassins et des pavillons. Marion Charlet travaille, de fait, par aplats rigoureux et par plans soigneusement détaillés. Adepte du motif matissien, elle n’hésite pas à poser la couleur de manière uniforme et léchée, quitte à donner un aspect décoratif à certains éléments de l’ensemble. Les tonalités pures et la végétation plantureuse annoncent la saison des pariades. La scène sort tout droit d’un rêve et se sent l’atmosphère toute prête pour la vacance de l’âme. Bicoque paradisiaque ou Nautilus aux couleurs acides, l’image est lavée, liquidée à l’eau vitaminée des vacances. Les plaisirs qui s’y déploient sont catastémiques, c’est-à-dire au repos, précisément non nécessaires selon la définition épicurienne. Ils appartiennent à la joie simple de laisser sereinement la porte ouverte à la chaleur de l’été.

Marion Charlet vu par Philippe Piguet, commissaire chargé des expositions

L’art de Marion Charlet est requis par un imaginaire qui croise le réel dans des compositions richement colorées dont la marque première est d’instruire les termes d’une esthétique où la couleur est tout à la fois le prétexte et le texte. C’est elle qui détermine la construction de chacune de ses peintures et aquarelles, entraînant le motif à la plénitude de sa forme. Entre réalité et fiction, son oeuvre décline tout un monde de paysages idéalisés, quasi paradisiaques, qui associent le naturel et l’artificiel en un tout déserté de toute présence humaine. Toutefois, récemment apparue, celle-ci trouve place dans des jeux de figures dansées, isolées ou en groupe, en suspens dans des espaces indéfinis, à dominante bleu opaline, entre apparition et disparition.

Espace corridor 


VUES DE L'EXPOSITION

ŒUVRES EXPOSÉES